Réussir son élevage de poules pondeuses BIO

La demande d’œufs BIO se développe de plus en plus sur le marché français : les marchés, les boutiques mais aussi les transformateurs alimentaires comme les pâtissiers sont intéressés par la qualité de ces produits et par la forte demande qui en découle. Loin des clichés, élever des poules pondeuses est un métier agricole qui demande en moyenne 35 à 40 heures de travail hebdomadaire. Vous aimeriez vous lancer dans l’aventure des œufs BIO ? Voici tout ce que vous devez savoir pour réussir votre élevage de poules pondeuses BIO.

Un poulailler de choix pour des poules en liberté

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La toute première chose à faire avant de vous lancer dans quoique ce soit est de définir votre budget et les capacités d’investissement de votre ferme. Etudiez le marché de votre région et la main d’œuvre disponible afin de prévoir au minimum quel peut-être le futur de votre exploitation.

En effet, si vous vous tournez vers la production d’œufs BIO pour faire de la vente directe, des ateliers de 150 à 200 poules suffisent. Si votre exploitation avicole est orienté vers les circuits de distribution variés (magasins, biocoopératives, etc.), il vous faudra un élevage de plus grande taille avec des ateliers pouvant aller jusqu’à 1 600 poules.

La surface totale du ou des bâtiments, leur nombre et leur type devront être étudiés en amont du projet pour correspondre à l’effectif de poules que vous souhaitez mettre en place. Les bâtiments ne doivent pas être à étages comme on peut le voir dans d’autres pays et doivent également être protégés des vents dominants, en les orientant dos au vent. Ils doivent être non humide, ombragés et isolés par une couche de paille sur le toit.

Pour créer le parcours des poules, il est conseillé de prendre des cabanes déplaçables. Cela permet de disposer de parcours variés et sains, et donc de limites les risques parasitaires. Cela optimise aussi les espaces et limite l’impact sur la couverture végétale. Enfin, les cabanes déplaçables permettent de mécaniser le curage et surtout d’utiliser des dispositifs sommaires à faible prix.

Dans tous les cas, vous devrez réaliser un élevage fermier en plein air ou en liberté, par petits groupes et dans de grands espaces herbeux et ombragés.

Le choix des races et de l’alimentation des poules

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Si vous vous posiez la question, non, il n’existe pas de races de poules pondeuses certifiées BIO. Vous avez cependant le choix entre des races plutôt « industrielles » et des races plus rustiques.

Les races dites « industrielles » sont choisies pour leur potentiel de ponte élevé, chaque poule pouvant donner plus de 270 œufs par an. Elles conviennent très bien à un élevage biologique et sont plutôt utilisées dans des filières longues. Nous pouvons citer en exemple les souches Lohmann, Isabrown ou Harko.

Les races rustiques sont, elles, sélectionnées pour leur adaptation à l’élevage en plein air. Moins productives, elles possèdent cependant d’autres atouts. La souche La Marans produit ainsi seulement 170 à 180 œufs par an, mais leur qualité en fait des œufs fermiers très appréciés des consommateurs. En plus, il s’agit d’une souche mixte dont la viande est bien valorisée au terme de la période de ponte.

Concernant leur alimentation, les poules pondeuses doivent être nourries à 100% par une alimentation végétale issue de l’Agriculture Biologique, sans OGM ni intrants chimiques de synthèse. Il leur faudra cependant peut-être un apport en calcium supplémentaire pour la bonne formation des œufs, en leur donnant des coquilles d’huître en libre-service. Une bonne ration correspond à :

  • 30 à 60 % de maïs, blé, triticale, sorgho…
  • 15% maximum de tournesol, pois, tourteaux…
  • 5% maximum de levure de bière.

Enfin, un lien au sol est obligatoire : 20% minimum de la ration pour vos poules doit provenir de votre exploitation ou, si cela n’est pas possible, d’autres exploitation BIO de la région (production locale). L’épandage des effluents devra d’ailleurs également se faire sur des terres BIO.

Bien assurer la protection de ses poules

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Vos poules devraient normalement être en bonne santé. Cependant, un hiver froid et humide ou d’autres perturbations peuvent déclencher des maladies et l’infestation de parasites. Contre les champignons, les bactéries, les levures et pour la désinfection de l’air en général, vous pouvez utiliser des fumigènes désinfectants.

Dans un élevage BIO, le soin des animaux doit se faire prioritairement par phytothérapie ou homéopathie contre les bactéries et les parasites internes comme externes. En dehors des vaccinations et traitements antiparasitaires obligatoires, vous pouvez utiliser au maximum 3 traitements allopathiques (médicamenteux) par période de 12 mois pour des poules pondeuses dont le cycle de vie est supérieur à 1 an.

Vous risquez cependant de rencontrer des insectes tenaces et nuisibles : les ténébrions. Ces derniers peuvent apporter plus de 60 maladies graves à vos poules (grippe aviaire, salmonelle, etc.) et détruire l’isolation de vos bâtiments d’élevage avicoles, entre autres. Pour se défaire des ténébrions au poulailler, utilisez de la terre de diatomées ou sable de silice. Ce produit agit lorsque les insectes marchent dessus, il faut donc le répandre là où ils se réunissent : sur le plancher, dans les fissures du béton, le long des murs….

Une autre solution, très (voire plus) efficace, s’avère être le champignon pathogène Beauveria Bassinana. Ce dernier infecte les ténébrions et pousse à travers leurs carapaces, tuant rapidement les stades juvéniles comme adultes des insectes. Sans produit, vous pouvez tenter de réduire l’infestation en améliorant la ventilation du poulailler et en ne partageant plus votre matériel avec vos voisins ainsi qu’entre poulaillers pour éviter la transmission d’un élevage à un autre.

 

Vous savez tout ! Alors, prêt à réussir votre élevage de poules pondeuses BIO ?

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